Une déficience multi-sensorielle assez généralisée à partir de l’âge de 57 ans

C’est la révélation de l’étude américaine “Global Sensory Impairment in Older Adults in the United States“, la première à évaluer les dommages de l’âge, sur le spectre complet des 5 sens. Un constat surprenant : 94% des participants âgés de 57 à 85 ans présentent au moins un déficit sensoriel, 38% : 2, et 28% au moins 3.

Les conclusions ont été publiées dans le Journal of American Geriatric Society.

Les chercheurs de l’Université de Chicago ont évalué pour les 5 sens, 3005 participants âgés de 57 à 85 ans, un échantillon jugé comme représentatif de la tranche d’âge à l’échelle nationale.

Au-delà des taux de déficits pour 1, 2, 3 sens ou plus de la sévérité de 64% des déficits constatés, l’analyse associe la prévalence de ces déficits, avec l’âge bien sûr, mais aussi avec le sexe et l’ethnie. Ainsi, comme prévu, les participants les plus âgés de l’étude présentent un plus grand nombre de déficits sensoriels, plus marqués, en particulier dans l’audition, la vision et l’odorat.

Les hommes présentent plus de déficits de l’audition, de l’odorat et du goût, alors que les femmes perdent plus de la vision.

Aux Etats-Unis, terrain de l’étude, les Afro-Américains sont les plus touchés par ces déficits et sur tous les sens, sauf l’audition. Les Hispaniques présentent également des scores plus faibles sur la vision, le toucher et l’odorat, mais font mieux que la moyenne sur le goût.

Certains sens apparaissent particulièrement vulnérables à l’âge

La réduction du goût apparait ici comme le déficit sensoriel le plus répandu affectant jusqu’à 74% des participants. Ainsi, seuls 26% ont conservé un goût intact, 48% un goût « médiocre ».

Le toucher est également très affecté avec l’âge : seuls 30% des sujets de l’étude conservent un sens normal du toucher, mais chez 38% il n’est que passage, et très réduit chez 32%.

La déficience sensorielle, un signe avant-coureur de graves problèmes de santé : le déficit sensoriel annonce le déclin cognitif, rappellent les auteurs, mais entraîne également d’autres effets comme des brûlures liées à la perte de la sensibilité au toucher, les intoxications alimentaires liées à la perte du goût et de l’odorat, et l’intoxication par inhalation de fumée, liée également à la perte de l’odorat.

Ces données alertent ainsi sur les risques associés à ce déclin multi-sensoriel. Car ce déclin devient vite un handicap pour faire face aux contraintes sociales, physiques et cognitives. D’autant que les chercheurs identifient ici un mécanisme commun qui sous-tend la dépréciation des 5 sens. Un facteur sous-jacent impliquant une dégénérescence nerveuse qui contribue à la perte sensorielle associée au vieillissement.

Il existe des interventions pour « faire travailler » nos 5 sens et qui, selon les auteurs, « pourraient faire une grande différence »Ne serait-ce que le port de lunettes, ou de prothèses auditives adaptées…

Retrouvez la publication de Camil Correia BS, Kevin J. Lopez BS, Kristen E et al sur le Journal of American Geriatric Society 18 FEB 2016 ainsi qu’une publication sur le “Vieillissement sensoriel” écris par Laurence Hugonot-Diener.