Le parcours de soin du senior malentendant s’articule autour de plusieurs acteurs :

  • Le Médecin traitant qui participe au dépistage de la surdité des personnes âgées pour l’orienter chez le spécialiste de la surdité
  • L’ORL, spécialiste du diagnostic et du traitement de la surdité, prescripteur d’une réhabilitation auditive
  • L’Audioprothésiste, qui participe au repérage et au dépistage, une sensibilisation aux enjeux de la surdité, de la prévention et de la protection face aux nuisances sonores, dans son centre où il propose une correction auditive et son suivi
  • Le Gériatre qui suit les capacités cognitives du sénior malentendant sur son lieu de vie avec le Médecin coordonnateur et l’équipe soignante dans les établissements
  • L’Orthophoniste, qui rééduque la boucle audio phonatoire, stimule la mémoire et la cognition auditive et adapte le malentendant aux aides auditives, en collaboration avec le psychologue dans l’accompagnement du soutien des personnes âgées fragiles en voie de dépendance
  • Le Sophrologue ou le Psychologue (Thérapies Comportementales Cognitives) qui prennent en charge les acouphènes ou les hyperacousies
  • Les Aidants, l’entourage familial et les auxiliaires de santé en établissement et  à domicile

 

Un centre intégré interdisciplinaire, le CERTA, a ouvert en 2009 en région tourangelle pour créer une dynamique collaborative avec le maillage régional des acteurs de la prise en charge des malentendants, pour répondre aux besoins spécifiques de réadaptation fonctionnelle des personnes âgées.

Les personnes âgées souvent poly-pathologiques en avançant dans l’âge confrontent les professionnels de santé aux enjeux de leur dépendance, que ce soit en établissement ou en maintien à domicile. Cette population avançant dans l’âge est touchée naturellement par la presbyacousie, dont la correction audio prothétique précoce est devenu un critère de prévention du risque de sur-déclin cognitif et de passage la dépendance.

Or, la coordination du parcours de leur prise en charge s’est alourdie et est complexifiée par l’intervention de l’ensemble des acteurs sollicités dans leur prise en charge.

Les équipes multi-disciplinaires se mobilisent au quotidien en collaboration avec les auxiliaires de vie, les aidants bénévoles ou la famille poches du malentendant pour favoriser la réintégration sociale du malentendant.

Cet accompagnement sur leur lieu de vie est pratiqué par une équipe soignante dans l’établissement et des équipes mobiles de gériatres se déplaçant au domicile, par des médecins coordonnateurs en EHPAD, mais les ressources se raréfient dans des régions isolées ou les déserts médicaux.

Si la correction de la surdité des personnes âgées est une nécessité précoce pour prévenir le déclin cognitif, elle ne saurait être efficace qu’en s’assurant de la bonne observance du port des aides auditives soutenue par une éducation thérapeutique et organisée par des équipes pluri-disciplinaires. Plutôt qu’observance on devrait plus parler « d’alliance thérapeutique » afin que tous les acteurs puissent aider les malentendants seniors à partager l’essentiel des objectifs de leur prise en charge, en alliant qualité de vie au quotidien et efficience optimale de leur santé auditive.

Une meilleure coordination est source de qualité des soins et d’efficience économique pour le système de santé

Les progrès du numérique permettent aujourd’hui de répondre à cet enjeu grâce au partage des données patients, indispensable à la coordination des soins et au bon suivi de l’observance.

Ce bouleversement des pratiques médicales commence à émerger et suscite beaucoup d’interrogations chez les professionnels qui redoutent l’émergence d’une télé-observance à des fins de « bonus malus » par les payeurs assureurs complémentaires.
Il apparaît donc que si l’humain est irremplaçable auprès des personnes âgées, les ressources numériques apparaissent aujourd’hui comme un complément naturel de leur prise en charge et du maintien de leur autonomie, pour favoriser le bien vieillir. Les associations de patients et de malentendants doivent s’impliquer et évaluer elles-mêmes librement ces services numériques, comme acteur de la prise en charge multi-disciplinaire de leur santé, pour mieux exprimer leurs besoins aux soignants avec l’aide de leur entourage de proximité.