La fin d’année 2015 a été marquée par un nouveau record pour le secteur de l’e-santé, avec 1,5 milliards de dollars levés par les entreprises du secteur au troisième trimestre, d’après le rapport Digital Healthcare de la banque d’affaires GP Bullhound, ce qui porte le total des fonds levés par les startups de e-santé à 3,2 milliards de dollars sur les trois premiers trimestres de 2015. Le précédent record de 1,4 milliards de dollars levés avait été établi au deuxième trimestre 2014.

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Une grande majorité des opérations (63%) ont été réalisées par des entreprises américaines, suivies par des entreprises chinoises (8%) et anglaises (8%). 2% des opérations ont été réalisées par des startups françaises.

Cette très bonne dynamique de l’investissement dans les startups de e-santé témoigne de l’intérêt grandissant des investisseurs pour ce secteur, qui révolutionne les usages du marché de la santé. Un marché qui a atteint 7,2 trillions de dollars au niveau mondial en 2013 d’après l’étude de GP Bullhound, soit 10,6% du PIB mondial, et qui doit progresser de 5% par an d’ici 2018, en raison notamment de l’allongement de la durée de vie. Le chirurgien-urologue et neurobiologiste français Laurent Alexandre, également fondateur de Doctissimo, indiquait à ce sujet lors d’une conférence TEDx le 6 octobre 2012 à l’Olympia que l’espérance de vie croît de trois mois chaque année, ce qui signifie que “quand nous vieillissons d’une année, nous ne nous rapprochons de notre mort que de 9 mois“.

La forte progression des investissements dans l’e-santé démontre également la crédibilité des modèles économiques des startups du secteur aux yeux des investisseurs.

Le rapport Digital Healthcare relève 4 catégories de modèles économiques :

  • La télémédecine, qui a compté pour 60% des opérations sur la seconde moitié de l’année 2015, et qui permet à un professionnel de santé d’effectuer des consultations et d’apporter des soins à distance, à l’image d’AudioPro Connect qui développe ce modèle dans le secteur de l’audition.
  • Le traitement ou le diagnostic digital. L’étude cite pour exemple la startup Cupris Health, qui développe notamment une technologie permettant de transformer un smartphone otoscope.
  • La marketplace, qui facilite les mises en relation entre patients et professionnels de santé. La startup française Doctolib, qui a levé 18 millions d’euros en octobre 2015 auprès du fonds américain Accel Partners, est citée dans l’étude pour illustrer ce modèle.
  • La nouvelle génération des logiciels de santé, qui représentent là encore de très belles opportunités notamment en termes de gestion de données de santé.  The Economist Intelligence Unit estime ainsi que le secteur de la e-santé devrait générer 25 000 petabytes de données en 2020.

Il y a fort à parier que ce secteur en plein essor devrait battre de nouveaux records en 2016. Les startups françaises de e-santé se montrent d’ailleurs très actives afin de participer pleinement à cette révolution, avec le rassemblement d’une soixantaine d’entres elles au sein de l’association France eHealthTech, avec pour ambition de créer une filière du numérique en santé.

Dans ce contexte, l’augmentation de la dotation du Fonds Accélération Biotech Santé à 340 millions d’euros, annoncée par la ministre de la Santé samedi 24 janvier lors de son discours d”inauguration de la première journée nationale d’innovation en santé, est une initiative plus que bienvenue.