Tous les audioprothésistes et ORL le diront, la clé d’un appareillage réussi est la qualité du suivi du malentendant. Contrairement aux lunettes qui corrigent immédiatement et parfaitement la vue, les aides auditives compensent par palier les pertes auditives.

En effet, corriger l’audition peut se révéler autrement plus complexe que corriger la vue. Une bonne correction auditive relève autant de la science que de l’art de comprendre le malentendant, son mode de vie et ses besoins, ce dont l’opticien se soucie moins. Le nombre de rendez-vous nécessaires avec l’audioprothésiste varie en fonction de chaque patient. Il est moins élevé pour une jeune presbyacousie par exemple. Mais en moyenne, de 2 à 5 rendez-vous par an sont requis pour que chaque malentendant équipé profite au mieux de ses aides auditives.  Soit entre 15 et 20 rendez-vous sur les 5 ans de durée de vie des aides auditives.

Au final, la satisfaction d’un malentendant est corrélée à la régularité et à la qualité des rendez-vous avec son audioprothésiste. On observe d’ailleurs que si une majorité de malentendants est très satisfaite de son appareillage, une minorité importante – beaucoup moins satisfaite – abandonne purement et simplement ses aides auditives au fond d’un tiroir.

Ce taux d’abandon – constaté après 6 mois – est évalué entre 10 & 30% selon les zones géographiques et les études. Dans la plupart des cas, cet échec d’appareillage aurait pu être évité si la relation patient– audioprothésiste avait été régulière et maintenue dans la durée. Il n’est pas rare en effet de découvrir au fond des tiroirs des aides auditives non nettoyées, dont la pile est épuisée, l’embout obstrué de cérumen… Tous ces petits problèmes rédhibitoires pour le malentendant auraient pu être facilement évités par une simple visite chez l’audioprothésiste. Le nombre de malentendants qui décrochent pour un problème mineur mais non résolu à temps est un problème de fond pour tous les acteurs du marché.

Et c’est là aussi où la télé-audiologie change la donne ! En libérant du temps pour l’audioprothésiste qui n’a plus l’obligation de se déplacer à chaque fois sur le lieu de vie de la personne à mobilité réduite, en évitant à cette dernière des déplacements difficiles parfois hors de sa portée, le télé-suivi multiplie les chances que les rendez-vous indispensables à un bon appareillage dans la durée soient bien honorés.

Autant que la résolution des problèmes concrets, l’optimisation des réglages, ce sont les encouragements de vive voix de l’audioprothésiste qui constituent l’arme la plus efficace pour lutter contre le décrochage auditif ! En facilitant les rendez-vous, la télé-audiologie permet aussi à la parole de l’audioprothésiste d’être entendue plus souvent et de renforcer ainsi la relation de confiance entre malentendant et audioprothésiste.

« Loin des yeux loin du cœur », ne devrait-on pas dire aussi bien « loin des oreilles, loin du cœur » ? Une relation amicale et confiante ne suppose-t-elle pas des rencontres régulières ? C’est probablement par l’optimisation du suivi qu’elle entraine que la télé-audiologie produit l’impact médico–social le plus décisif.

 

Focus : Télé dépistage et résidence senior

Quand on s’occupe tous les jours et toutes les nuits de personnes âgées, on fait tout son possible pour les accueillir dans un cadre de vie aussi agréable que possible et leur offrir des services adaptés. Malheureusement, les efforts des maisons de retraite et des personnels aidants buttent souvent sur un obstacle de taille : la surdité non corrigée de 80% des résidents en établissements, qui accélère leur déclin cognitif ! Surconsommation de médicaments, perte de confiance, repli sur soi, risque de dépression, perte d’autonomie, passage accéléré à la dépendance, la santé et la joie de vivre d’un malentendant sans aide auditive se dégradent très vite, trop vite.

Pour les aidants aussi, la vie avec des malentendants n’est pas facile. La difficulté à communiquer avec des personnes sourdes dont ils ont la charge augmente la fatigue, le stress et le « turn over » des personnels aidant.

La solution à ces problèmes commence bien sûr par le repérage et le dépistage systématique de tous les malentendants.

Or, jusqu’ici le dépistage conventionnel des malentendants n’est pas assez efficace.

Il touche trop peu de monde et écarte tous ceux qui ont du mal à se déplacer. Quelques heureuses initiatives comme le camion itinérant de la Fondation Agir Pour l’Audition ont bien été mises en œuvre, mais elles sont ponctuelles et ne permettent pas de toucher suffisamment de personnes.

Quant aux tests de repérage « autonomes » par internet ou par téléphone, ils n’ont que peu d’effet car une fois dépisté, le malentendant n’est pas guidé vers les bons professionnels de Santé. Il ou elle apprend qu’il souffre d’une déficience auditive et il lui revient de prendre l’initiative d’y donner suite ou non. Par ailleurs, personne ne le conseille ni ne l’informe sur les causes possibles de sa déficience auditive, les différentes solutions pour y remédier, et pour lui indiquer toutes les conséquences que cette déficience auditive non corrigée pourrait avoir sur sa santé.

Le dépistage conventionnel reste bien trop cher et consommateur de temps, puisqu’il implique le déplacement d’un audioprothésiste en maison de retraite. Or, malgré leur bonne volonté, les audioprothésistes ne peuvent se déplacer 15 à 20 fois par an pour assurer l’appareillage et le bon suivi d’un patient en résidence sénior ou EHPAD, ce qui les amèneraient à délaisser leurs propres patients dans leur centre.

Manque de temps et manque d’argent font que le repérage de déficience auditive des malentendants en maison de retraite n’est pas à la hauteur de l’enjeu humain et de santé publique qui touche 6 millions de malentendants en France.

A l’inverse, un patient télé-repéré avec le service de télé-repérage proposé par la plateforme AudioPro Connect a plus de chances de s’équiper car l’audioprothésiste peut le sensibiliser de vive voix sitôt les résultats des tests d’audition connus, et lui parler des solutions qui pourraient être adaptées à son cas. Grâce à la télé-audiologie et à sa vidéo-conférence haute définition, l’audioprothésiste est toujours très convaincant pour le malentendant. En économisant les coûts de déplacements de l’audioprothésiste, la télé-audiologie réduit très fortement les coûts du dépistage et permet enfin d’envisager un dépistage systématique des personnes habitant en résidences senior.