La presbyacousie est lié au vieillissement naturel de notre capacité auditive, comme la presbytie pour notre capacité visuelle. Elle se dégrade par usure du récepteur sensoriel de la cochlée dans l’oreille interne, par la disparition progressive de ses cellules sensorielles, ses neurones, ses composants endo-lymphatiques et structurels. La presbytie apparaît comme la presbyacousie vers la cinquantaine mais s’en distingue par le caractère transmissionnel du déficit visuel et pas par une atteinte sensorielle de la rétine.

Les facteurs de survenue du handicap auditif sont individuels, génétiques et environnementaux, ce dernier étant la cause la plus fréquente de surdité de perception chez l’adulte. Plutôt que presbyacousie : le terme anglo-saxon de « troubles auditifs liés à l’âge » correspondent plus à la réalité du vieillissement et de ses interactions avec les capacités cognitives, comme le démontrent de nombreuses études de Lin et l’étude PAQUID.

On compte 8 millions de malentendants en France avec une forte croissance de la population des seniors (doublement entre 2015 et 2050) et la presbyacousie se déclare généralement à 55 ans, quelques années seulement après la presbytie. 30% des personnes âgées de plus de 65 ans sont atteints de presbyacousie, (60% des 70 ans et plus, 70%-90% des 85 ans et plus) et 40% de ces personnes âgées bénéficient d’un appareillage correcteur de leur surdité.

La réhabilitation du handicap repose dans la majorité des cas par un appareillage précoce bilatéral par aide auditive ou par implants cochléaires pour les surdités profondes.

Avec l’allongement de l’espérance de vie, la croissance du nombre de malentendants est inéluctable et représente un véritable enjeu de santé publique.

L’OMS travaille sur la santé auditive dans le monde et en France un « observatoire de la santé auditive et visuelle » vient de se créer sous l’égide de la fondation Optic 2000 Audition 2000, ainsi qu’un « observatoire national Français de l’audition » créé en 2014 par les Journées Nationales de l’Audition.

On peut distinguer 4 types de presbyacousie :

  • La presbyacousie sensorielle périphérique de la cochlée correspond à la perte des fréquences aiguës mais permet de conserver une bonne discrimination.
  • La presbyacousie neurale, plus fréquente, est une surdité qui altère les fréquences aiguës mais altère souvent l’intelligibilité.
  • La presbyacousie liée à l’atrophie de la strie vasculaire, est plutôt familiale avec une intelligibilité peu altérée touchant plus fréquemment les femmes.
  • La presbyacousie mécanique touchant la cochlée, altérant les fréquences aiguës.

 

Les facteurs liés à la presbyacousie :

Les infections virales, les effets oto-toxiques (Aminosides, dérivés du platine, Quinine, Méthotrexate, Rimifon), les pathologies cardio-vasculaires associées, concourent à la réduction du flux sanguin cochléaire et à la mort des cellules sensorielles de la cochlée. Dans 20% des cas une cause n’est pas retrouvée, mais les prédispositions génétiques en cours d’exploration pour les surdités précoces familiales permettent déjà l’identification de 150 mutations responsables de surdité.

Les facteurs environnementaux comme l’exposition traumatique sonore accélèrent l’apparition du handicap auditif, en milieu professionnel ou dans des scènes de guerre et pour les jeunes générations touchées par la musique déraisonnablement amplifiée dans les salles de spectacle ou lors de manifestations festives.