Il faudrait prévenir en appareillant et stimulant pour retarder l’atrophie cérébrale de certaines zones et par ce biais l’incidence des démences.

Résumé par Laurence Hugonot-Diener

D’après les articles de :

« Mudar R.A., Husain F. T. Neural alterations in acquired aged related hearing loss » Frontiers in psychology. June 2016 | Volume 7 | Article 828. »

Résumé

On estime, en 2010, à 35,6 millions le nombre de personnes atteintes de démence. Une augmentation importante de ce chiffre est attendue dans les futures années, en raison du vieillissement de la population. Les changements sensori-moteurs précèdent et augmentent l’incidence de la maladie d’Alzheimer. On sait que cela existe aussi lors du vieillissement normal, que faire et que proposer ? Plusieurs études dont Paquid (Amieva 2015), ont suggéré que la correction auditive avait un effet positif sur la cognition. On peut aller plus loin en proposant une véritable réhabilitation, auditive et cognitive.

La revue de la littérature faite par Mudar et Husain confirme ces données. Les auteurs ont réalisé une revue de la littérature des études portant sur les bases neurales liées à la baisse auditive liée à l’âge, réalisées par VBM (Voxel Based Morphometry /IRM) et DTI (Diffusion Tensor Imaging). La baisse auditive est corrélée avec une perte du volume de la matière grise dans le cortex auditif mais aussi dans le cortex préfrontal et cingulaire antérieur. Cette atrophie était corrélée avec des difficultés de compréhension du langage parlé (par surdité). Les auteurs concluent que ces pertes neurales ne sont probablement pas seulement dues à l’âge. La substance blanche aussi est touchée, en cas de baisse de l’audition dans le cortex auditif.

Que faire ? Appareiller, stimuler et accompagner.

L’appareillage précoce des presbyacousies est très conseillé (cf : H. Amieva , 2015, Paquid)  et permettrait de retarder la démence.

Un training auditif (tel qu’en font les orthophonistes) qui entraine les sujets avec des stimuli auditifs de façon individuelle, avec un engagement actif du sujet, a montré de très bons résultats, comme l’ont décrit Humes et al en 2014, à condition que ces séances soient faites au moins 3 fois/semaine pendant 5 à 15 semaines, selon les cas.

Une stimulation cognitive  individuelle ou en groupe permettant d’améliorer la mémoire, les fonctions exécutives et en particulier l’attention pourrait aussi faciliter la reprise de l’audition et la rupture de l’isolement social.

 

Figure montrant les stratégies de réhabilitation lors des baisses auditives liées à l’âge (Figure traduite et adaptée de Mudar et al, 2016)

Figure montrant les stratégies de réhabilitation lors des baisses auditives liées à l’âge (Figure traduite et adaptée de Mudar et al, 2016)